» you must destroy to build (http://youmustdestroytobuild.zeblog.com/)

Alexandre Drouillard

Alexandre DrouillardMes petits dessins, mes petites histoires, mes petites peintures, ma petite musique, mes petites images.

Calendrier

« Juillet 2008
LunMarMerJeuVenSamDim
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031 

Blog

Catégories

Derniers billets

Compteurs

Liens

Fils RSS

spontaneitat-alpha.ttf

Par Alexandre Drouillard :: 22/03/2007 à 12:09 :: lire

Voilà...je me suis créé une typo. Il va falloir lui trouver une utilité...

Vous pouvez la télécharger en cliquant sur le lien ci-dessous.

(CTRL+Clic+enregistrer fichier sous...)


Fichier joint : Spontaneitat_alpha.txt

(Pour l'installer, changez l'extension ".txt" en ".ttf" )


La mémé

Par Alexandre Drouillard :: 29/01/2007 à 22:58 :: lire
Au fil des ans, sa colonne vertébrale s’était peu à peu tassée. D’ailleurs, la dernière visite chez le médecin avait été l’occasion de le constater une nouvelle fois : elle avait encore rapetissé de 1 ou 2 cm.
Cela ferait des économies de bois pour son cercueil, pensait-elle !
Ces fumiers l’auraient bien enterrée des fois et des fois pour lui extirper tout ce qu’elle a, mais elle tenait bon la mémé, bande de salauds ! Qu’ils aillent tous griller en Enfer, avec leur panse pleine de vinasse et leurs mouflets aussi hideux les uns que les autres.

En vrac. (4)

Par Alexandre Drouillard :: 18/01/2007 à 23:56 :: lire
Petit et ramassé, le garçon marchait à l’envers. C’était l’un de ces funambules du quotidien qui avance tête baissée.




Bien qu’il n’ait jamais obtenu le moindre diplôme à l’école (et pour cause, Célestin Filliou avait quitté le cours élémentaire à l’âge de 8 ans), le Polyméthacrylate de méthyle n’avait pourtant aucun secret pour lui. Il savait, par exemple, que la transition vitreuse de ce polymère s'effectuait à 105 °C précisément. Pas un degré de plus, pas un de moins.
Son métier depuis plus de 15 ans maintenant, consistait à veiller sur ces énormes cuves pour qu'elles brassent ce foutu plastique à bonne température.
Pour cela, Célestin n’avait besoin d’aucun instrument. A l’œil seul, au travers du regard qui équipait chaque cuve, il savait la juger. Il se fiait, disait-il d’un ton savant « uniquement à sa viscosité ! ». D’ailleurs, à l’usine, il avait acquis une certaine notoriété du fait même de cette étonnante faculté.



Grande et svelte, la fille courait avec une grasse divine sur le trottoir. C’était l’une de ces déesses « black »  qui traversent comme l’éclair une journée toute à fait ordinaire.



Geindre.

En vrac. (3)

Par Alexandre Drouillard :: 10/01/2007 à 18:56 :: lire
Libres et joyeux. Joyeux et libres. Tous au garde-à-vous. Je ne veux voir qu’une seule tête !




Les sangles l’empêchaient de faire le moindre mouvement. Il pouvait seulement bouger un peu la tête. La pièce, d’une vingtaine de mètres carrés, baignait dans une lumière verte. Mis à part la vibration du tube de néon qui se trouvait juste au-dessus de lui, aucun autre son ne lui parvenait. Derrière la vitre sans teint, il imaginait qu’ILS étaient tous là, mal assis sur des chaises en plastique de salle des fêtes. July n’avait sûrement pas fait le voyage. À quoi bon de toute façon… c’en était fini.
Il essayait de se concentrer comme pour empêcher son cerveau de s’éparpiller dans des pensées futiles. Elles étaient les dernières, il ne fallait pas les gâcher !
La lourde porte d’acier s’ouvrit brusquement. Enfin.
Il se surpris à …


Thiopental sodique,

 
bromure de pancuronium,


chlorure de potassium







.



Versez-moi encore un peu de ce Chanti. Cela fait tellement longtemps que je n’ai pas dégusté un vin aussi généreux.



7 morts chez le bourgeois, 1 mort chez les prolos.



Gribouillages.

En vrac. (2)

Par Alexandre Drouillard :: 04/01/2007 à 12:19 :: lire
Regarde ces photos qui vieillissent en silence.
Qui est mort, qui est vivant, qui est mort-vivant ?  
Qui peut fendre d’un cri l’immuable ?
Qui a le pouvoir de redonner la vie ?



10h02.10h03.10h37.10h32. 10h 51. 10h57. 11h47. 17h25. 18h09. 2h51



Froid, pluie, gris, mines blêmes.  Généralement, l’hiver déverse sur la ville son lot d’immondices.



Je n’ai pas la solution pour ouvrir la porte des mondes. Ici l’herbe est jaune et l’effluve de l’humus enivre les plus nostalgiques.



Toutefois, les contestations portant sur les conditions de mise à disposition d’un taxi par un standard de taxi radio, sont à adresser directement au standard concerné.

En vrac.

Par Alexandre Drouillard :: 09/11/2006 à 23:28 :: lire

Reprendre des études d’architecture, l’autre conne de l’ANPE l’avait dit : « C’est pas gagné, Monsieur ». Rien à foutre, faut bien faire quelque chose pour pas s’emmerder. En plus, faut voir ce qu’ils construisent comme merde.



- Bonjour. - Bonjour, alors comment ça va ? - Cela ne va pas tellement mieux. - Si ça faisait effet immédiatement, ça se saurait. - Hum... - Parlez-moi de votre père…



Jacinthe fait son boulot. Elle creuse. Elle creuse. Elle creuse l’inconscient des gens. Sale job. Il pleut. Le pluie ruisselle sur la fenêtre de son cabinet. S’il faisait beau plus souvent, peut-être que tous ces débiles iraient mieux.



Dehors, grand soleil. Il avait posé deux escargots sur le bord du muret. Il pensait d’abord leur faire faire une course, vu qu’il s’emmerdait et qu’il avait le temps. Mais il se souvint du mot magique : hermaphrodite ! Il les prit par la coquille et colla les mollusques l’un contre l’autre. Il leur fit subir quelques pressions pour les forcer copuler. Ça l’aurait franchement fait marrer de mater tout l’après-midi deux escargots en train de baiser par une jolie journée du mois de mai.



Pas la peine de bouger, tout est à portée de main. Fleur d’oranger, farine, sucre, levure, œuf.



Jusqu'à maintenant tout l’interdisait de prendre le contrôle. Désormais, il est le seul maître à bord. Et tant pis pour les dégâts co-latéraux. Ceux qui lui barreront la route vont « manger chaud ».



Les dents. Tes dents. Mes dents.



Solitude VS. Sensibilité. Qui va gagner ? j’arbitre. 15 à 0. balle au centre.



On sort du métro "Filles du Calvaire". On va se coucher pour baiser.



La solitude ronge, mais ce n’est pas ce qu’on pense. Elle est une amie à qui l’on confie ses maux. Avec du rose fuchia et du bleu azur, elle est beaucoup moins dur à supporter.
 


 Vous avez vu ? Parfois le noir est transparent. C’est bizarre, il laisse filtrer la lumière. 

14H57, 9 boulevard de Strasbourg, Bât. A, 1er étage Face.

Par Alexandre Drouillard :: 09/11/2006 à 23:21 :: lire

L’appart est plongé dans le noir. Mis à part un rayon éblouissant qui filtre au travers du volet et vient s’écraser juste dans l’œil de Julie. Des milliers de petits grains de poussières semblent attirés par la lumière et tournoient dans le faisceau. Dehors, il doit faire un temps magnifique. Le temps qu’elle préfère, celui du mois de mai. Celui qui donne envie de prendre un café en terrasse avec un croissant au beurre et une clope, à regarder les passants. Julie tourne les yeux vers le radio-réveil posé part terre dans le coin de sa chambre. 14h57. Grillé pour le petit déj’. Ses yeux brûlent et elle a vraiment un putain de mal de tronche. 14h58. Pipi. Elle cherche à tâtons la porte des chiottes. Le rayon de lumière glisse sur son corps presque nu. Elle manque de s’étaler en se prenant les pieds dans le fil du radio-réveil. Clac. L’écran affiche des zéros qui clignotent. Elle trouve enfin la poignée de la porte, baisse sa petite culotte, s’assoie sur la cuvette. Elle a l’impression que son cœur bat dans son crâne. Boom. BOOM.BOOM. Elle se rappelle à peine comment elle est rentrée hier soir. Elle se souvient juste de ce mec. De ses dents cariées. De son haleine dans son cou. De son sexe.

Naître et renaître encore.

Par Alexandre Drouillard :: 08/11/2006 à 1:15 :: lire

Après plus de 5 ans sans y toucher, je rebranche ma guitare. Comment ai-je pu oublier… Clic. Ça craque un peu. Les potards sont un peu oxydés. Mais je retrouve avec plaisir le bruissement agréable du jus qui grésille dans les lampes. Je suis tout seul face au Marshall que j’ai bringbalé pendant plus de 10 ans. La garniture noire porte les stigmates et les plaies de cette utilisation plus qu’intense. Quelques stickers ternis, collés sur la tête, me rappellent le nom des groupes tous tombés au front de ma mémoire : Tongz, Karma to burn, Happy anger, Bushmen, Skippies… Tantrum, non celui-ci je ne l’ai pas oublié. Drôles de sensations. Les souvenirs se bousculent au portillon. Scraccchhh. Je plug le jack. La dorure des micros de ma guitare est toute piquée. Les cordes sont carrément rouillées. Une petite scéance d’accordage s’impose. Sur le manche, je ne sais plus par où commencer. J’ai l’impression de tout recommencer. Mes doigts ont tout oublié. Plus aucune dextérité. Je suis vierge. Je tatonne timidement les frets. Je lâche enfin un mi plus appuyé. Le son remplit la pièce et fait trembler le parquet. Les fréquences graves me bombardent le plexus. J’enchaîne machinalement quelques accords. Ça passe de mieux en mieux. Comment ai-je pu laisser au placard ma guitare pendant plus de 5 ans ? C’est certain, je me suis un peu perdu en route… L’ampli s’éveille de son sommeil, chauffe et diffuse une odeur familière. On dit que la mémoire olfactive est la plus forte. Je le crois allègrement tant elle a un effet puissant sur moi. La distorsion prend du grain, de la chaleur. Je retrouve des sensations. En même temps, je me sens vierge de toute influence, de tout interdit. Les limites de genre que je me fixais il y a quelques années ont totalement disparues. Je me sens décomplexé. C’est un doux sentiment de liberté et de fraîcheur qui m’envahit. J’en ai même oublié l’endroit où je me trouve. Magie de l’instant, instant en suspend. J’imagine que c’est une sensation comparable à celle que peut éprouver un alcoolique qui, après avoir décroché depuis longtemps, redécouvre la sensation de l’éthanol qui envahit de nouveau tout son corps. Un verre et tout est irrémédiablement reparti. Ici, un accord en appelle un autre. Et encore un autre et encore un autre. Je joue jusqu'à plus soif, comme pour satisfaire un manque. Le manque inconscient de la musique. Une envie débordante me submerge. Une envie difficile à maîtriser. J’ai soif de création, de sons inédits. Les idées arrivent en vrac. Et pour la première fois depuis des années, j’entends clairement des mélodies dans ma tête. Mes doigts engourdis ne me permettent pas toujours de les concrétiser. Et les idées meurent aussi vite qu’elles sont nées. Dommage… mais, il y en aura tellement d’autres. L’important, c’est de pouvoir en saisir quelques-unes au vol, de les jouer et de mettre tout son être dans l’enchaînement de ces quelques accords. Pour faire de ces notes qui appartiennent à tout le monde, un son qui n’appartient qu’à soi. C’est sûr, je n’ai pas fait que de rebrancher mon ampli ce soir-là, j’ai aussi réactivé un bouton impalpable qui m’ouvre une nouvelle page blanche. Une page qui ne demande qu’a être remplie. Depuis quelques mois, je rallume mon ampli tous les jours.
you must destroy to build - Blog créé avec ZeBlog