L’appart est plongé dans le noir. Mis à part un rayon éblouissant qui filtre au travers du volet et vient s’écraser juste dans l’œil de Julie. Des milliers de petits grains de poussières semblent attirés par la lumière et tournoient dans le faisceau. Dehors, il doit faire un temps magnifique. Le temps qu’elle préfère, celui du mois de mai. Celui qui donne envie de prendre un café en terrasse avec un croissant au beurre et une clope, à regarder les passants. Julie tourne les yeux vers le radio-réveil posé part terre dans le coin de sa chambre. 14h57. Grillé pour le petit déj’. Ses yeux brûlent et elle a vraiment un putain de mal de tronche. 14h58. Pipi. Elle cherche à tâtons la porte des chiottes. Le rayon de lumière glisse sur son corps presque nu. Elle manque de s’étaler en se prenant les pieds dans le fil du radio-réveil. Clac. L’écran affiche des zéros qui clignotent. Elle trouve enfin la poignée de la porte, baisse sa petite culotte, s’assoie sur la cuvette. Elle a l’impression que son cœur bat dans son crâne. Boom. BOOM.BOOM. Elle se rappelle à peine comment elle est rentrée hier soir. Elle se souvient juste de ce mec. De ses dents cariées. De son haleine dans son cou. De son sexe.
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